vendredi 7 mai 2010

Chapitre 9

Kinara

Les couteaux se fusionna en un, et fonça sur la petite Kinara. Mais Zéphir hurla :

< NON! ZU’KAK! >

Faisant le couteau arrêté net, le damné se retourna vers sa dragonne, surpris.

« Hein? Mais... il faut la tuer! »

< Mais non! On peut l’utiliser. >

« Tu as une bonne idée. Mais il faut se concentrer sur les corps des fées : comment toutes les enterrés à temps? Ma magie ne peut toutes les faire disparaître sous la terre, il y en a trop! »

< Vrai! Mais pendant que j’enterre les fées, tu pourrais utiliser ta magie sur elle et la faire grandir plus vite que nature. >

« Ha! Ha! J’adore ça! On peut la faire grandir avec des entraînements de guerriers et elle deviendra une redoutable guerrière! Et...hum... »

Une autre idée venait de naître dans sa tête. Il ramassa aussi doucement que possible Kinara, qui se calma aussitôt. En la berçant dans ses bras, il continua :

« Et, au temps voulu, on pourrait voler un œuf de dragon des Drak’hels ou des Vurmankas. Faire éclore l’œuf serait un jeu d’enfant! »

< Parfait! Je vais commencer à apporter les corps au cimetière. >

« Moi, je conduis ce petit trésor à la chambre. Viens me rejoindre dans une kou. »

***

Le damné était dans sa chambre. Immobilisant Kinara, Zu’kak se concentra. Il dit lentement :

« Esprits! Kinara m’appartient! Par ma volonté, je veux qu’elle grandisse! Re’kio garatara marufa! »

Alors, sous ses yeux, il vit la petite Kinara se transformer, grandir à une vitesse incroyable. De grandes ailes apparurent sur son dos, à l’instar de ceux de son peuple. De longs cheveux noirs poussèrent sur sa tête. Une robe de soie noire et rouge sang apparue sur sa peau, mais le damné put distinguer les contours d’une armure de cuivre sous le vêtement. Sentant ses forces le quitter, il décida d’arrêter le processus vers seize ans. Vu que Zu’kak avait dix-sept ans, il ne pouvait pas faire passer Kinara pour sa fille. Par contre, il pouvait faire Kinara grandir avec l’idée que son père était le damné, éleveur de dragon, et sa mère était une fée, morte assassinée par d’autres éleveurs.

Le roi assassin arrêta le sort. Devant lui se tenait une fée aux allures de guerrières. Elle déclara avec une voie douce et profonde :

« Père! Ou est mon épée? Tu m’as promis de me la donner aujourd’hui! »

« Huh? Quoi? »

« Tu sais! Tu m’as dis, père, que tu me donnais ma première épée aujourd’hui! »

Zu’kak réfléchi. La meilleur solution était de faire son esprit voyager jusqu’à Gora et dévaliser une épée de valeur et de la donner à la fée.

Son esprit voyagea à la vitesse de l’éclair à Gora, et se retrouva dans la chambre de Ha’nuo. Dégoûté par les couleurs vives de sa chambre, le damné s’empara d’une épée sertie de rubis, et le manche était fait en or. Tenant l’épée, il retourna à sa chambre de cristal.

Kinara se tenait devant lui, et n’avait vu que l’épée de Ha’nuo apparaître dans les mains de son tuteur. Époustouflée, elle s’agenouilla devant Zu’kak, murmurant :

« Père, cette épée... Elle est pour moi? »

« Mais bien sûr, mon enfant. Tu en es digne. » répondit le damné en lui tendant l’épée.

Kinara prit l’épée et se releva lentement, les yeux sur la lame qui scintillait. Elle la leva bien haut, en disant :

« Père, si je suis digne de cette épée, cette épée est digne de tuer ceux qui ont assassiné ma mère! »

« Bien. Allons aider Zéphir à enterrer les corps des fées mortes. »

« Ah, oui, ceux qui ont trahis mère en joignant les éleveurs. » grimaça Kinara.

Chapitre 10

Une bonne idée?

À Gora, c’était la cohue. Les Drak’hels arrivaient pour s’installer en ville. Les habitants, sachant qu’ils venaient en amis, les accueillaient chaleureusement. Les Drak’hels, qui n’avaient jamais eu d’amis auparavant, étaient désemparés devant le flot de Vurmankas. Les habitants n’avaient pas tous des dragons, mais ils offrirent de décharger les dragons et de les abreuver.

Vika déclina l’offre d’un paysan qui insistait de prendre soin de Karkara. Il arqua plutôt vers le château, saisit d’une joie qu’il avait quittée depuis longtemps. Sourire aux lèvres, le roi des Drak’hels ouvra la porte à la salle du trône, suivi de son dragon. Mais il perdit son sourire quand il vit Ha’nuo, assit sur son trône, visiblement rongé par l’angoisse. No’hit, son mage, était perdu dans ses pensées. En voyant Vika, Ha’nuo déclara :

« Ah, Vika. Nous t’attendions. Nous avons un autre cas à régler. »

« Ou sont Sadahell et Pavori ? « demanda Vika. » Ils pourraient nous aider. »

« Ils sont déjà partis donner les missives aux villages. » répondit No’hit.

< Qu’est il arrivé, Ha’nuo? > demanda Karkara.

« Mon épée a disparu. »

« Rien que ça? Vous vous inquiétez pour rien! J’irai quêter une épée chez mes guerriers, et je te rapporterai la plus belle, la plus solide. »

« J’apprécie votre générosité, mais nous sommes inquiet pour une autre raison. No’hit, explique-lui ce que tu as ressentis. » répliqua le roi.

No’hit et Tchi, son dragon, s’avancèrent. Tchi commença :

< Hier, juste avant que Gatu disparaisse dans les entrailles de la terre, j’ai ressentis une présence. Je l’ai signalé à No’hit et il est allé vérifier les chambres. >

« Une aura malsaine provenait de la chambre du roi. Alors j’y ai jeté un coup d’œil. Là-dedans, j’ai vu un spectre. Il flottait dans l’air. Je l’ai vu ramasser l’épée de Ha’nuo, puis il a disparu. »

< C’est sans nul doute l’esprit du damné qui voyageait. Alors, cette expérience prouve que nous avons besoin de défenses contre des attaques spirituelles. > en déduisit Karkara.

« Ma magie n’est pas assez puissante pour maintenir une barrière magique autour de la ville pour toujours. » se désola No’hit.

« Nous pourrions poster des guerriers sur les remparts de Gora. Ils formeront un bouclier magique et se relèveront. » suggéra Vika.

« Nous ne pourrons pas faire cela, de risque de les tuer à la tâche… Il nous faut tout nos guerriers pour défendre la ville. » répliqua Ha’nuo.

< Vrai. > soupira Karkara.

< Nous pourrions opérez comme cela pendant quelques jours, pendant qu’on trouve une solution. Le sommeil apporte conseil. > déplora Natariaché.

« Je vote pour. » dit No’hit.

« D’accord, mais il faut qu’on décide dans quelques jours. » argumenta le roi des Drak’hels.

« C’est réglé, alors. Nounoura! Conduit Vika et Karkara dans leurs appartements royaux. »

Alors que le majordome, le roi et son dragon se dirigeraient vers la chambre, No’hit s’empressa de mentalement transmettre des ordres aux guerriers de la ville.

Chapitre 11

L’oeuf

Kinara, la jeune guerrière, s’affaissait à creuser les trous qui hébergeait les corps des fées mortes. Son père, Zu’kak, ne lui avait pas tout expliqué au sujet de son plan, mais elle savait qu’il planifiait conquérir le monde avec l’aide de Seth. Elle ne savait pas avec quelle armée, mais elle avait une petite idée là-dessus… Peut-être une armée de morts-vivants, de zombies, qui rêvaient de viande tendre et fraîche? Rien que d’y penser, elle frémissait de plaisir. Elle imaginait déjà le flot déchaîné qui dévorait des proies humaines criantes d’horreur et de souffrances…

Zu’kak, lui, travaillait d’arche pieds tout en pensant. Si Kinara l’accompagnerais à la guerre, elle aurait besoin d’un dragon. En dévaliser un de Gora, c’était risqué car, au travers de la boule de cristal, il avait découvert que No’hit, le grand chef mage, l’avait surpris un moment. Malgré le peut de temps qu’il l’avait vu, No’hit avait pu l’identifier.

Zéphir, qui suivait le cours de ces pensées alors qu’elle creusait, son esprit fit le tour du repère des Drak’hels, maintenant abandonné. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’elle découvrit un œuf, seul, dans une des salles. Fière de sa découverte, elle revint à la réalité pour découvrir que Zu’kak lui parlait :

« Zéphir? Je te parle! Où est tu encore allée? »

< … Le repère des Drak’hels… >

Sans perde de temps, elle expliqua se qu’elle avait vu, et comment l’œuf abandonné offrait la solution au dilemme de Zu’kak.

Quand Kinara vu son père en tenue de voyage, c’est-à-dire avec sa cape, elle savait que quelque chose mijotait. Elle vint le voir pour lui demander :

« Père, où vas-tu? »

« C’est une surprise. Mais continue de travailler, il faut avoir finit par la prochaine lune, donc dans trois jours. »

« Mais…père. Tu es puissant. Pourquoi ne juste pas creuser des fosses avec ta magie, puis y placer les corps? C’est plus simple. »

« Kinara, tu connais le principe d’énergie… Et puis, pour le rituel, je crois que Seth serait ravi de voir que nous y avons laissés sueur et sang sur ce travail. »

« Bon. » ronchonna Kinara, résignée.

En un éclat, Zu’kak avait disparu. Il réapparu juste dans l’entrée du repère des Drak’hels. Zéphir ayant dessinée une carte mentale de l’endroit dans son cerveau, il n’u pas de misère à y repérer l’œuf. Le damné le pris doucement et il reparti sans plus de façon.

Il réapparu dans sa chambre. Déposant l’œuf, il ouvrit un coffre sur une des étagères rouges de sang. Faisant léviter l’œuf, il le plaça délicatement dans le contenant doublé de velours. Il ferma le coffre qu’il scella à la magie, puis déposa sa cape sur son lit. Il alla alors rejoindre sa dragonne et Kinara pour continuer la volonté de Seth.

Chapitre 12

Seth

Ayant réussi à enterrer tout les corps un jour avant la pleine lune, Zu’kak, Zéphir et Kinara se reposait. Mais le damné devait réclamer les consignes de Seth pour savoir comment se déroulerait le rituel.

Il envoya Kinara dans sa chambre, à l’autre bout du château. Zu’kak s’agenouilla devant l’effigie de Seth, son nouveau maître. Zéphir l’imita. Il récita :

« Seth, merveille des enfers, dieu de souffrance et de terreur sur la terre, montre la voie à tes fidèles serviteurs. Nous n’avons pas de sacrifice, mais bientôt, des milliers d’âmes rejoindront ton vaste royaume. Donnes-nous tes consignes, nous t’attendons! »

Sous leurs yeux, l’effigie pris vie. Sifflant, Seth déclara :

« Cccccccc’est bien, petit humain. Demain, tu auras une armée de sssssssssquelettes invinccccccccccccibles, ou presssssssssque, à tes commandes ssssssssssi tu obéis ccccccccces conssssssignes. »

« Nous t’écoutons, merveille horrible! » s’exclama Zu’kak.

« Bien. Lorssssssss’que la lune aura mangée le ssssssssoleil, et qu’elle ssssssssera en sssssssssson zénith, tu devras récccccccciter ceci : Je commande à Mara d’où vient la vie, et à la colère bouillonnante de Dabla, d’où vient la mort de s’unir, je l’ordonne, par la volonté de Seth! Alcra Ézu Uzé Arcla! Les fantômes des fées vont apparaître, avides de vegencccccccce. Elles sssssssssse préccccccccccipiteront ssssssssur toi. Tu dois alors continuer : Par la volonté de Seth, vous êtes à moi! Vie éternelle vous est donnée, mais à moi vous appartenez! Regagnez vos squelettes et devenez noirceur de la vie! Devenez mort-vivants, par Seth, votre dieu! Cccccc’est ccccce qu’elles vont faire… Et ton armée est prête! Mais… Ne ssssssous-essssstime pas la forccccccce de ton ennemi, il est maintenant puisssssssssant. »

« Je ferais selon votre volonté! Avec vous, rien ne peut m’arriver! Avec vous, je vaincrai! »

« J’admire ta confiancccce… Peut de perssssonnes ont confianccccce à un dieu-ssssserpent qui est connu pour ssssssa tricherie et ssssssses mensssssonges. HaHaHa! Oui, tu es bien cccccelui dont j’ai bessssssion pour règner sssssssur la terre. » siffla Seth.

« Si vous me le permettez, votre Excellence, je vais me reposer. »

« Oui, oui… Au revoir, et ne manque pas ta chancccccce. »

L’effigie se figgea.

***

Revenu au Panthéon des dieux, où règnent les dieux du mal et les dieux du bien, Seth se retrouve devant Odin, le dieu suprême des bons. Seth, étant le dieu suprême des mauvais, n’est pas impressionné par son air de colère.

« À quoi joues-tu, Seth? Tu bouscule le panthéon avec tes singeries! » tonna le dieu bon.

« Ne sois pas dupe! Je ne boussssssscule que les dieux bons, tels que toi. » railla Seth.

« Ton damné est sur le point d’enfreindre les lois! Le sais-tu? » rétorqua Odin alors que ses deux corbeaux prirent place sur ses épaules.

« Il ne va pas les enfreindre, puisssssqu’aucune lois dit qu’un mortel n’a pas le droit d’exécuter le rituel de Mara-Dabla. »

Deux de ses fidèles démons, Kilu et Yary, venaient d’apparaître derrière lui. En position d’attaque, ils attendirent le commandement de leur maître.

« Laissssssse-moi passsssser, j’ai des choses à régler. » soupira Seth de lassitude.

Odin jura et s’écarta. En s’éloignant, Seth se moqua :

« Oh, les gros mots! »

« Maître. » commença Kilu dès qu’ils soient éloignés. « Nous sentons des crépitements dans tout le Panthéon. Quelque chose est sur le point de se passer. »

« Je les ssssssens moi aussssssi, Kilu. »

« Laissez-nous, pour vous protéger, vous suivre partout. » demanda Yary.

« Yary, Yary… Vous doutez de moi? Votre vieux maître a plus qu’un tour dans ssssson ssssssac. Vous pouvez rentrer aux enfers. »

« Parlant des enfers... » s’aventure Kilu.

« Cerbère a quelque qui ne va pas. Probablement un coup des dieux bons. » finis Yary.

« Quesssssssque qui lui arrive? »

« Il laisse tous les morts passer, il n’y tient plus. Les démons se découragent, car ils n’arrivent plus à le ramener comme avant. » explique Kilu.

« Que des ennuis à l’horizon! » s’exclame Seth.

Chapitre 13

Le Panthéon du bien

Odin rejoignit vite le Panthéon du bien. Il convoqua tout les dieux du bien : Féyra, déesse des fées; Cenraut, dieu des centaures; Lug, dieu de la poésie et des mots; Mara, déesse de la vie; Thor, dieu des tempêtes; Shakuru, dieu de la lumière; Poséidon, dieu des mers et des océans…bref, toutes divinités du bien était rassemblés dans le Panthéon. Odin se leva, réclama le silence et commença :

« Chers amis! Seth et son nouveau jouet, Zu’kak le damné, vont bientôt ressusciter les fées mortes dans le but d’avoir une armée invincible pour conquérir le monde! Il faut empêcher cela à tout pris! »

« Que devons-nous faire, Odin? » demanda Thoth, dieu de la science et de la médecine.

« Juste affaiblir Cerbère a réduit nos forces et en gros. » se désola Manannan Mac Lir, maître des lacs et des rivières.

« Nous devons éliminer Zu’kak, coûte que coûte. » dit au tac Odin.

« Mais si nous tuons Zu’kak, Sovel’ha mourra avec lui, et c’est l’élu que nous avons placés en ce monde! » déplora Shakuru.

« Nous avoierons un champion… Grâce à sa magie, il pourra tuer Zu’kak mais Sovel’ha restera intact. Yarubira, viens, approche. » expliqua Odin.

Yarubira s’approcha. Fils de Lug et de Mara, il était le meilleur archer et escrimeur du Panthéon : il était le dieu défendeur. Ses cheveux roux descendaient jusqu’à derrière ses oreilles, et deux longues ailes d’aigle gracieuses dans son dos harmonisaient parfaitement avec son corps musclé.

« Yarubira, fils de Lug et de Mara, dieu défendeur des êtres de lumière, nous te demandons d’éliminer Zu’kak, le damné. Mais ne fais pas de mal à Sovel’ha! » lui dit Odin.

« J’accepte ma mission avec honneur, o grand Odin! Je vais immédiatement l’accomplir. » répondit fièrement Yarubira.

« Bien. Nous allons regarder ta bataille contre Zu’kak. Que la chaleur du soleil resplendisse toujours sur toi! » souhaita Thor.

« Mais fête un peu avec nous, avant de partir! » demanda Poséidon. « Mes sirènes m’apporterons de la bière de corail, un délice. »

« Bien… » hésita le Défendeur.

« Je te ferai goûter à une des spécialités de Fluon, un de mes sages : les roches blues! Elles explosent dans la bouche et libère des mots : un poème est récité dans ta tête! » offrit Lug. « Il faut célébrer, mon fils! »

« Bon, très bien. » accepta finalement Yarubira.

Alors, tous participèrent avec entrain à la fête, inconscients qu’un disciple du mal les espionnait et allait faire son rapport à Seth.

Chapitre 14

Le Panthéon du mal

Une assemblée avait commencé de la même manière que sur le Panthéon du bien, sauf sur le Panthéon du mal. Seth en tête, les dieux mauvais avaient vite envoyés Nocturna, demi-déesse de la nuit et servante de Seth, espionner le Panthéon des Justes. En attendant le retour de Nocturna, les dieux du mal discutaient.

« Et si nous enlevons un des dieux du bien? » proposa Hadès, gardien des enfers.

« Impossible, ils riposteront de force pour libérer leur frère. » expliqua Arawn, dieu du suicide.

« Ce n’est pas une mauvaise idée. Si Cerbère revient à la normale, nous pourrions l’enfermer avec lui… » réfléchi Loki, dieu de la discorde et demi-frère de Thor.

« Mais qu'es-ce qu’y empêche les Justes d’aller le libérer? » argumenta Dabla, dieu porteur de la mort.

« Ben, Cerbère, justement! » se moqua Math Mathonwy, dieu de la magie noire.

« Silence! Nocturna est de retour et Seth va parler! » dit Loki.

Le silence tomba dans le Panthéon. Seth remercia silencieusement Nocturna et lui indiqua d’aller s’asseoir. Alors que la demi-déesse prenait place, Seth s’adressa aux dieux du mal :

« Mes frères! Première nouvelle, les dieux bons sssssssont derrière le mal de Cerbère. Il faut trouver une sssssssssolution. »

« Enlevons Thoth! » rugit Hadès.

« Je t’ai déjà dit non! » répliqua Arawn.

« Bien, c’est un commenccccccement. D’autres idées? » continua Seth.

« Maître! » lança Nocturna. « Je pourrais voler le livre des savoirs de Thoth. »

« Excellent! Vassss-y tout de suite après notre assssssssemblée. »

« Vos désirs sont vos ordres. »

« En sssssssecond lieu… Yarubira a été envoyé par Odin pour éliminer le damné… En ssssssssséparant la perssssssssssonnalité de Zu’kak et Sssssssovel’ha, ils vont tuer Zu’kak, mais pas Ssssssssovel’ha. »

« C’est possible? » s’étonna Dabla.

« NOUS SOMMES DES DIEUX, DABLA! ARGHH! JE SUIS ENTOURÉ DE CRÉTINS DE LA PIRE ESSSSSSSPÈCE. » hurla Seth.

« Pardon…Grand et maléfique Seth! Pardonne ton serviteur. »

Seth envoya un éclair bleu sur Dabla. Après de longs cris déchirants de souffrance d’agonie, ce dernier finit par retrouver ses forces pour se rassir. Seth, calmé, dit :

« Je disssssssait donc… Une fois libéré mon joug, Sssssssovel’ha et Zéphir reviendront cccccce qu’ils étaient. »

« Tu veux dire que c’est toi qu’il l’a changé en damné? » s’exclama Math Mathonwy.

« Encore une fois, il va falloir que je réexplique tout. Oui, cccccc’est moi qui ai ordonné, pendant que Sssssssovel’ha ssssssséjournais dans les enfers, aux démons de ne pas le toucher. » soupira d’exaspération Seth.

« Et Blikkard? » demanda Loki.

« Ccccccet idiot cccccc’est détourné de moi. Il ne sssssservait que Vika, tout ausssssssi idiot que lui. Cccccce démon méritait sa mort aux mains de Zu’kak. » répondit l’incarnation du mal. « Bon. Il nous faut nous-mêmes un champion qui ira défendre, indirectement, Zu’kak. Devant les dieux bons, il dira que c’était "un heureux hasard" qu’il était arrivé à temps, en livrant à Zu’kak un messsssssage de ma part. »

« J’y vais! » s’exclama Arawn.

« Bien. Arawn et Nocturna, allez faire vos tâches. Exxxécution! Et pour le reste des crétins, l’asssssssemblée est terminée. »

Chapitre 15

Yarubira contre Arawn

Le dieu des suicides devait se dépêcher. Yarubira partait bientôt. Il devait avoir l’avance. Au bout du Panthéon du mal, il se préparait à décoller pour le monde des hommes. Il se fit pousser deux ailes de chauves-souris, sur sa colonne vertébrale en décomposition. Le squelette ajusta son casque de guerre ornée de cornes de démons et de pierres précieuses, étendit ses ailes décharnée et s’élança.

Quelques minutes plus tard, le château de cristal était en vue. Le temps se déroulant beaucoup plus vite dans le Panthéon des dieux, la statue de Seth venait de s’immobiliser aux yeux de Zu’kak et de Zéphir. Arawn vit alors un flash d’ailes blanches, ce qui ne pouvait qu’être Yarubira. Repliant ses ailes pour se donner de la vitesse, Arawn arriva premier dans la tour de Zu’kak par la fenêtre.

Zéphir gronda en voyant le nouveau arrivé. Zu’kak se tourna et dit :

« Mais… C’est Arawn, dieu du suicide! Que me vaut cet honneur? »

« Oublie les formalités, humain. J’apporte un message de Seth… Tu es en danger. »

Mais alors une flèche dorée siffla à l’oreille de Zu’kak, puis s’écrasa contre le mur de crystal. Arawn se retourna en grognant. Là planait Yarubira, qui se préparait à tirer une autre flèche.

« Zut. Je crois que j’ai trop bus de bière de corail… N’empêche, pourquoi a deux damnés? » pensa le Défendeur. Il lâcha un petit hip.

Une épée noire apparue dans les mains du dieu des suicides. Battant fortement les ailes, il rejoignit en moins de deux Yarubira, qui n’avait pas réalisé ce qui se passait. Sans laisser le temps au Défendeur de ranger son arc, Arawn assena un coup violent derrière la tête du Juste. Perdant connaissance, Yarubira plongea dans le cimetière.

Quand le Défendeur se réveilla, il découvrit une épée noire à sa gorge. Ayant recouvert tous ses sens, il leva doucement la tête pour découvrir Arawn. L’incarnation du mal railla :

« Enfin réveillé, belle dormeuse? »

« Comment t’es-tu rendu ici? » demanda Yarubira en tirant discrètement une dague de sa manche.

« Un heureux hasard. » répondit Arawn.

En un éclair, le Défendeur lança avec précision la dague, qui se ficha dans l’os de la jambe d’Arawn. Hurlant de douleur, le dieu du mal arracha la dague et se rendit compte que Yarubira était déjà haut des les airs et se dirigeait vers la tour de Zu’kak. Il s’envola après le Juste.

Réalisant le danger, Zu’kak ordonna à Zéphir de se tenir prête. Elle inspira donc et un jet de feu prêt à servir se créa dans sa gueule. Zéphir n’attendait plus qu’un moment d’inattention de Yarubira, mais il se rapprochait vite.

Yarubira se dirigeait vers la tour avec la ferme intention d’achever le damné et de retourner au plus vite au Panthéon. Il remarqua alors Arawn était à sa suite. Il changea d’idée et se dit qu’un dieu de moins au Panthéon du mal ne ferait aucune différence, au contraire, aiderais Odin à les vaincre. Il rangea son arc et sortit son épée. Il obliqua alors pour se ruer sur Arawn.

Les deux épées s’entrechoquèrent. Maîtrisant son épée avec adresse, Arawn fit une feinte de la droite et frappa de gauche, mais Yarubira l’esquiva facilement. On ne l’appelait pas le Défendeur pour rien! Yarubira essaya à son tour de frapper le bras d’Arawn, mais l’incarnation du mal le bloqua.

Les divinités perdaient leurs forces. Incapable de se retenir plus longtemps, Zéphir lâcha un long jet de feu sur Yarubira. Surpris, il hurla de douleur lorsque le feu frappa sa poitrine. Arawn eu alors l’opportunité qu’il attendait : d’un coup sec, il trancha une des ailes du dieu bon. Perdant de l’altitude, le dieu bon paniqua. Par-dessus lui, Arawn trancha son autre aile. Chutant maintenant comme une pierre, Yarubira cria :

« Pardonne-moi, Odin! Je n’ai pas été capable d’accomplir ma tâche! »

Le Juste retomba dans le cimetière. Il savait que c’était son cimetière maintenant.