vendredi 7 mai 2010

Chapitre 1

Le retour du Damné

Blikkard, le démon, rangeait ses affaires dans de grosses malles. Rarou, son dragon-serviteur, était parti chasser. Après cinq ans d’ennui dans une grotte qu’il avait construite, il allait finalement pouvoir retourner chez lui, aux enfers à servir Seth. Mais avant, il devait rendre les choses qu’il avait emprunté à Vika, le roi des Drak’hels.

La paix s’est établie sur la terre des éleveurs. Les Drak’hels vivent maintenant en paix avec ceux qu’ils auraient adoré tuer cinq ans auparavant.

Certain d’avoir accompli sa mission sur le monde des humains, Blikkard apporta ses deux malles grosses à craquer à l’entrée de la caverne et appela Garou pour le charger.

Le démon sentit alors une présence qu’il a crue ensevelie sous les rochers à tout jamais. Une ombre traversa la lumière du soleil de l’après-midi. C’était un dragon, mais ce n’était pas Rarou.

« Non... NON! » hurla-t-il.

« Oui! C’est moi, démon! Je suis de retour! » lui répondit une voie qu’il ne reconnaissait plus.

L’interlocuteur sauta de son dragon pour atterrir devant le démon. Malgré la capuche de sa cape noire rabattue sur sa tête, Blikkard savait bien qui c’était. Il recula de quelques pas en titubant sans que le nouveau venu s’en occupe. Le visiteur habillé de noir se tourna plutôt vers son dragon en lui disant :

« Va tuer Rarou, son dragon. Je m’occupe de Blikkard. »

Son dragon hocha la tête et s’éleva dans les airs. Le démon balbutia :

« Impossible! Sovel’ha! Et Zéphir! Mais... Vous étiez sous les rochers... Cinq ans! Non! »

Sovel’ha se retourna brusquement et rabattit sa capuche. Ses cheveux noirs descendaient à ses épaules et ses yeux reflétaient d’un éclat glacé. Il s’approcha doucement du démon. Il lui empoigna soudainement la gorge d’une force d’ont personne n’aurait soupçonnée en lui. Il cracha :

« Arrête ton cirque stupide, Blikkard! J’ai attendu cinq ans pour ma vengeance, et ton heure a finalement sonnée! »

« Non... arrg... Sovel’ha... tu... Ne... Peux... »

Sovel’ha jeta brusquement la bête sur une roche. Les cornes du démon parèrent le choc, mais il en fut tout de même étourdi. Le damné continua :

« Je peux faire ce que je veux, peste inférieure! Personne ne peut m’arrêter! »

« Mais... Tu es mort, Sovel’ha! »

« NE M’APPELLE PAS SOVEL’HA ! Ce nom stupide n’est pas digne de moi. Mon nouveau nom est Zu’kak, ou le Magnifique. »

« Quel est le nom de Zéphir? »

« Comme si cela importait? Tu vas mourir, alors... »

Un cri de souffrance lointain interrompu Zu’kak. Il inspira l’air et sourit.

« Rarou est mort... Comme va bientôt l’être son maître. » dit le damné en ricanant.

Blikkard étouffa un cri. Pour sauver sa peau, il étendit ses ailes pour s’envoler mais se frappa contre une barrière invisible. Zu’kak s’approcha doucement.

« N’essaie pas de t’échapper, Blikkard ... Je ne laisserais pas aller une de mes premières victimes, n’es-ce-pas? »

« Qui va tu tuer ensuite? »

« Je vais me dissimuler chez le peuple invisible déguisé en marchand humain. » répondit Zu’kak en pointant du menton les baguages de son prisonnier. » Bien sûr, ils se soumettront à ma volonté. Quiquonque se dressera devant moi sera tué. »

Devant le silence du démon, Zu’kak sortit lentement son épée de son fourreau. Un bruissement d’ailes se fit entendre. Zu’kak continua d’observer son épée alors que Zéphir atterrissais derrière lui. Zu’kak s’approcha de Blikkard, l’épée prête à être nourrie. Le damné saisit les cornes de son prisonnier et planta d’un coup précis la lame entre ceux-ci. L’épée devint lumineuse alors que Zu’kak murmurait des paroles incompréhensibles au démon. En sentant ses forces le quitter, il réalisa que Zu’kak voulait, avant de le tuer, voler ses pouvoirs et son savoir.

Le damné retira l’épée de la tête du démon. Celui-ci s’écroula dans une marre de son sang. Avant de mourir, il murmura :

« Que les dieux vous sauvent, humains... »

Il ferma les yeux. Son cœur arrêta de battre, et il se dissipa en fumée, rejoignant les nuages, où ses ancêtres se sont dissipés eux aussi.

Chapitre 2

Le peuple invisible

Zu’kak rangea son épée d’un coup sec en regardant calmement les nuages où Blikkard s’était dissipé. Grâce au savoir tiré de la tête du démon, il savait que s’était comme ça que ces bêtes meurent. Zéphir demanda calmement :

< Maintenant? Je me charge des affaires du démon? >

« Oui. Nous devons partir le plus vite possible avant que Ha’nuo et Vika découvrent la mort du démon. » répondit Zu’kak.

< Ha’nuo? > demanda encore Zéphir.

« L’héritier de Jesta. Il a dix-sept ans, comme moi. Apparemment, Jesta a eu un fils qu’il a élevé en secret. Il ne l’a dévoilé que sur son chevet de mort, il y a un an. »

< Nous avons donc affaire a un roi inexpérimenté. > conclut Zéphir en accrochant les lanières de cuir tenant les malles à ses muscles d’ailes.

« Peut-être bien. Mais pour l’instant, nous avons affaire à un roi à ailes. Le roi des fées est peut-être plus puissant que nous le pensons. »

< Voyons. > rallât Zéphir. < Qui peut-être plus puissant que nous ? >

« Oublions cela. Tu es prête? »

La dragonne noire s’assura d’être capable de bouger aisément ses ailes étendues avant de déclarer :

< Prête, Zu’kak. Monte. >

Zu’kak ne se fit pas prier. Il sonda les environs avant de dire :

« Tout est bien. Allons-y. »

***

Le peuple des invisibles n’est nul autre que les fées. Les humains ne soupçonnent pas leurs existantes car elles préfèrent la clame forêt au-dessus de la falaise où était situé l’ancienne prison de Zu’kak et la caverne de Blikkard.

Elles sont aussi grandes que des humains mais leurs cheveux ont la texture de la soie et des ailes translucides comme ceux des libellules ornent leurs dos. Leur corps frêles referme une force, endurance et magie incroyable, mais non égale a celle de Zu’kak. Cela, il le savait bien.

Leurs maisons sont les arbres, sauf pour la capitale de la terre des fées, Oktann, entièrement faite de cristal. Leur nourriture est uniquement les baies. Le vent est le messager du roi et les plantes laissent passage à quiconque le désire.

Malgré tout les merveilles du monde des fées, aucune d’elles n’ont pu prévoir la catastrophe qui allait bousculer leur vie paisible.

Chapitre 3

Zu’kak et les fées

Zéphir s’envola Zu’kak sur son dos. En moins de dix minutes, ils atteignirent la forêt des fées. Dès que sa dragonne eu atterri, il descendu de son dos et sonda la forêt avec ses sens invisibles.

« Les fées sont là. Elles nous observent. » murmura-t-il à Zéphir.

Il s’avança de quelques pas en cachant son épée avec sa cape et en montrant ses mains vides en signe qu’il n’était pas armé.

« Je sais que vous êtes là. Je sens vos regards sur moi. Je suis un marchand humain désirant vendre sa marchandise. Je ne suis pas armé! » déclara-t-il avec un sourire qui lui donna la nausée.

Il eu un moment de silence, puis une voie mélodieuse lui répondit :

« Retourne d’où tu viens, humain. Nous ne voulons pas de vous ici. Les humains ne parlent qu’une langue : celle de la guerre. Si tu refuses de retourner chez toi, nous allons utiliser notre magie pour vous transporter, toi et ta bête, en bas de la falaise. »

< Sachez que je suis un dragon, et que nous avons plein de belles choses pour vous. > dit Zéphir, mécontente d’avoir été traitée de bête.

Zu’kak détacha une des malles de Zéphir et l’ouvrit. Sentant tout les regards curieux investiguer l’intérieure de la malle, il ramassa une boule de cristal, enveloppé d’étoffe. Il la développa pour montrer son éclat. Il dit :

« Voici un objet très précieux : Une boule de cristal qui prédit l’avenir où vous raconte le présent. »

La boule se rempli de fumée noire et rouge sang. Zu’kak vit alors le visage furieux de Vika dans la boule. Il hurlait des hordes silencieuses. Sans laissez cela le déranger, il inspecta le jeune visage d’une fée qui venait d’apparaître entre les branchages. Elle chantonna :

« Quel est ton prix, humain ? »

« Je veux voir vôtre roi, car ceci est le cadeau que je veux lui offrir. De plus, nous pouvons retourner à Cellinia, ma ville, n’importe quand pour rapporter d’autres objets de valeur. »

Le vent souffla doucement à l’oreille de la fée, murmurant de douces paroles dont Zu’kak ne comprenait pas.

« Arabiona, notre roi, est conscient de votre arrivée depuis un moment. Mais le vent prend du temps à livrer les messages à l’instar du roi. Sa Majesté veut vous voir immédiatement. Dirigez-vous vers le nord en ligne droite, et vous arriverez à Oktann, la capitale des terres des fées. Les plantes vous laisseras passez. » lui apprit la fée.

« Je vous remercie. » remercia Zu’kak. « Mon nom est Kikowa et ma dragonne se nomme Altaré. »

Zu’kak s’avança vers les arbres. Ils s’écartèrent pour créer une piste. Zu’kak dut retenir se de vomir, les fleurs empestait à son nez. Le damné s’engagea dans le chemin, vers Oktann.

Chapitre 4

Arabiona perd son trône et sa vie

Après une heure de marche, Zu’kak et sa dragonne arrivèrent à Oktann, la capitale entièrement faite de cristal. Entrant dans la ville, Zu’kak vit plusieurs fées se rassembler autour d’eux, des couples surtout. Un fée s’approcha des visiteurs en voletant et dit d’une voix claire et douce :

« Bienvenue à Oktann, la capitale de cristal. Sa Majesté le roi Arabiona 1er souhaite vous voir immédiatement, humain et dragon. Suivez-moi, je vous prie. »

« Je vous remercie. »

Le fée se posa en douceur sur le sol de pierre lisse. Il se mit en chemin, le damné et Zéphir sur ses talons.

Quelques minutes plus tard, le fée, Zu’kak et la dragonne noire se tenait au pied d’un énorme château de cristal. Le fée les guida dans le palais jusque dans la salle du trône, au centre du palais.

« Une chance que les couloirs sont assez grands pour laisser Zéphir passer. » pensa le damné.

Le roi était mince et avaient de beaux cheveux blonds. Il portait une toge bleue abordant l’armoirie de la ville, une libellule de cristal. Sa couronne en or était ornée de saphirs pures.

Le fée qui avait reconduit les visiteurs se retira. Zu’kak salua le roi en baissant la tête. Du coin de l’œil, il inspecta la salle. Un garde gardait chaque sortie, dont quatre.

« Jeu d’enfant. » se dit-il.

Le roi s’approcha des nouveaux venus. Il déclara d’une voix chantante :

« Bienvenues, Kikowa et Altaré! Sentez-vous à l’aise ici. Et sachez que vous êtes les premiers humains et dragon d’avoir mis les pieds ici. »

« Je vous remercie, votre Majesté. Que vos ailes volent toujours! »

« De même pour ton dragon. Mais parlons de ton commerce. J’ai entendu dire que tu avais un...hum... cadeau pour moi? » ajouta Arabiona d’un ton intéressé.

« Il est inutile de faire quoi que se soit, Majesté. Enlève ta couronne et agenouille-toi devant moi. Tout de suite. »

« Hein? Qu..Quoi? Gardes! Attrapez-le! »


Alors que les gardes s’approchaient en voletant, Zu’kak se fit léviter à cinq mètres du sol. Utilisant sa magie pour immobiliser les gardes, Zu’kak descendit lentement vers le roi, une expression triomphante sur son visage. Arabiona, paralysé par la peur, ne pouvait pas s’enfuir. Alors que Zu’kak dédaigna lentement son épée, il dit au roi :

« Saches que je suis maintenant le roi des terres des fées. Ceux qui se mesureraient à moi seront tués immédiatement. Telles sont les volontés du nouveau roi, Zu’kak et sa dragonne, Zéphir! Gardes, vous êtes témoins ! »

Puis, d’un coup sec, Zu’kak trancha la tête d’Arabiona. Baignant dans une mare de sang, le corps d’Arabiona fut mangé par Zéphir, qui n’avait rien mangé de tel depuis longtemps. Mais la tête resta. Zu’kak ramassa la couronne du roi, trempée de sang. La posant lentement sur sa tête, il sentit le sang chaud du roi mort lui couler dans les cheveux et dans le cou. Souriant, il se tourna vers les gardes immobilisés. Il ordonna en relâchant les gardes de la droite :

« Allez dires aux habitants de la ville que Zu’kak et Zéphir sont aux commandes! Et décrocher tous les drapeaux d’Arabiona avant que je vomisse. »

Alors que les gardes s’enfuyaient en criant l’horreur, Zu’kak se tournait vers les deux autres et les relâcha. Le nouveau roi ordonna :

« Montrez-nous notre chambre. »

« Bi...Bien, Majesté. » balbutia l’un des gardes.

Ils se mirent en route, Zuk’kak et Zéphir sur leurs talons. Après quelques minutes de marche, un des gardes lui montra une grande porte de cristal finement ciselé de motifs. Il dit :

« Voici la chambre du roi. Voulez-vous que je dise aux servantes de venir ramasser les choses d’Arabiona et de les jeter ? Ou voulez-vous que je vous fasse une carte pour vous retrouvez dans le palais? »

« J’accepte les deux offres. » répondit Zu’kak en s’avançant vers la porte.

« Bien. Alors que je vais chercher une servante, un parchemin, une plume et de l’encre, Garoji, ce garde ici, va vous montrer votre nouvelle chambre. » déclara le garde.

Le garde partit en courant. Garoji ouvra la porte menant à une chambre faite de cristal, à l’instar du château. Dégoûté, Zu’kak dit :

« Pouah! Tout est si beau, parfait! »

« Les rois d’habitude aiment se genre de choses, non? » se révolta le garde.

« Je ne suis pas un roi ordinaire. Zéphir? »

< Oui ? >

« Nous devrions ajouter de la couleur au décor. Tu es d’accord? »

< Complètement. >

« Euh... Je suis aussi d’accord, majesté. » approuva Garoji d’un air morne.  

< Et si s’était la couleur du sang? > proposa Zéphir.

« Je pensait la même chose, ma belle. » cita lentement Zu’kak en fermant la porte grâce à sa magie.

Garoji blêmit :

« Non... NON! Majesté.... Je vous en supplie... NON ! »

En ignorant ses supplications, le damné lui planta son épée dans le cœur. Fixé dans un cri silencieux, le corps de Garoji s’écroula sur le sol de cristal. Faisant lever le sang liquide, il en éclaboussa les murs et le fit sécher. Il rangea son épée en regardant sans remords le corps sans vie du fée. Il murmura pour lui et Zéphir :

« Il sera le premier soldat de mon armée invincible. Quelle se construise vite! »    

Chapitre 5

La rencontre des rois

« Bon. Ce que nous savons, c’est que Sovel’ha est libre et qu’il rôde à quelque part, attendant de porter un coup mortel. » dit Vika, deux poings sur la table.

« Et que Blikkard, le seul être capable de nous protéger du damné, a disparu, probablement tué par celui qu’on croyait mort. » compléta Ha’nuo, découragé.

Cette réunion ce tenait à la salle de réunion au palais de Gora. Ha’nuo y avait convié Vika, Pavori, Sadahell et les dragons de ces éleveurs.

« Il faut trouver un moyen d’être en sécurité, tout en se supportant. » dit Pavori.

Le jeune homme avait eu des cours privés de Sadahell et était maintenant un des meilleurs guerrier du royaume.

« Le repère des Drak’hels est caché, mais il est plus difficile d’y repousser une attaque. » cita Sadahell. » Par contre, Gora est plus voyante mais bien protégée par une muraille avec des archers engagés de villages postés dessus. »

< De plus, notre repère est plein à craquer. Il ne pourrait plus accepter plus de monde. > ajouta le dragon noir de Vika.

« Gora a beaucoup de place. Vika, tu pourras avoir une place dans le palais. Les habitants seront montrés à vos guerriers de maisons vides pour qu’ils y séjournent. » invita Ha’nuo.

« Je vous remercie. Voilà une chose de réglée. » accepta le roi des Drak’hels. » L’autre problème est les villes et villages. Il faut les prévenir de rester sur leurs gardes. »

« Ce n’est pas un problème. » avança Sadahell. » Pavori, moi et nos dragons n’avons sortis de la ville depuis un bout de temps. Nous pourrions aller tout les treize villages. »

« Mais le chef du village Habope ne veut rien savoir des dragons. Comment les prévenir? » demanda Ha’nuo.

« Nos dragons se cacheront dans la forêt alors que nous livrons le message. » répondit simplement Pavori.

< C’est risqué. > les mis en garde Natariaché, la dragonne bleue de Ha’nuo.

« Nous le savons. » soupira Sadahell. » Mais quelqu’un dois le faire, et je refuse de laisser un roi y aller. »


« Très bien. » dit Vika. » Je retourne à notre repère pour faire les préparations pour habiter ici. Ah, heu, j’apporte tout mon peuple, Ha’nuo? »

« Bien sur! Il y a de la place. »

« Bien. Merci et au revoir! »

Vika sortit de la salle, Karkara sur ses talons. Ha’nuo regarda Sadahell et Pavori à tour de rôle. Il déclara :

« Vous pouvez vous retirez. Allez vous préparer pour votre voyage et rencontrez-moi à l’entré du palais dans une heure. Je vais écrire les missives aux villes et villages. »

« Bien, majesté. » répondit Sadahell.

Faisant une petite révérence, les guerriers sortirent de la salle de réunion pour se diriger vers leurs dortoirs pour y préparer leurs affaires.

Chapitre 6

Zu’kak règne en terreur

Tout était silencieux dans Oktann. Maintenant que Zu’kak et Zéphir régnait, tous les craignaient. On entendait plus le rire des enfants, les battements constants de leurs ailes. On entendait plutôt les cris déchirants de souffrance et de désespoir des cachots qui n’avaient jamais servi auparavant.

Le premier décret que Zu’kak a écrit est que tout les fées de la forêt, hommes, femmes et enfants, se rendent à Oktann pour y vivre.

Les intentions de Zu’kak n’était nul autre qu’éliminer les fées pour éviter qu’ils viennent en aide aux éleveurs qu’il allait tuer. Mais il avait une autre idée derrière la tête...

Le fait que Zu’kak portait toujours du noir lui avait donné le nom de Roi Noir auprès des habitants. Et vu qu’il a tué 26 habitants en deux jours, dont quatre enfants, il a aussi mérité le nom de Roi Sanglant. Bien sur, les fées évitaient de dire ces noms à moins d’être barricadé dans leurs maisons car le damné entendait tout en dehors des maisons.

Il y a deux jours, utilisant sa magie, Zu’kak avait déraciné des arbres près de la ville pour faire une grande surface plate. Satisfais, il avait ordonné que n’importe quelles fées tuées s’y fassent enterré. Mais le damné avait ensorcelé le cimetière pour que la chair s’y décomposent plus vite, pour avoir de beaux squelettes presque complètements décomposés.

Zu’kak regardait de la tour d’observation de sa chambre. Pouvant voir toute la ville, il y passait beaucoup de temps. Se délectant d’un poulet cru, il regarda hors de la ville vers le cimetière.
Zéphir s’approcha :

< Zu’kak! La révolte gronde en ville. Les fées veulent vengeance. >

« Bien. D’autres disciples pour mon armée. »

< Tu n’as pas eu la bénédiction de Seth. Sans cela, tu ne peux faire revivre les fées. >

« Je vais l’avoir! Mais pour l’instant, survole la ville. Tue et apporte au cimetière toutes les fées qui ne changent pas d’avis de se plier devant moi. Va! »

< Immédiatement! >

Zéphir s’envola de la fenêtre pour fendre vers un fée qui tenait une dague et qui se dirigeait d’un pas certain vers le château. La troupe de quatre fées qui le suivait s’arrêta net, mais avant qu’ils puissent réagir, Zéphir avait déjà laissé tomber le fée dans le cimetière et elle en ramassa un autre. Zu’kak observait, paisible. Finissant son poulet, il laissa les os tomber de la tour.

Il se dirigea alors vers son lit. Il s’y assit, puis se concentra le plus possible. Rassemblant ses forces, il cria :

« Yi tou re k’harmako. »

Un gros paquet d’argile apparut. Il y en avait assez pour faire une statue, comme Zu’kak le voulait. Le damné soupira de fatigue. Il s’assura que l’argile était mouillée, puis se mit au travail. Il aurait utilisé la magie pour faire l’effigie de Seth, mais le rituel voulait qu’il le fasse de ses propres mains.

Quand Zéphir revint, Zu’kak avait presque finit. Mais Zéphir allait faire les écailles de la queue de Seth en utilisant ses griffes. Laissant sa dragonne travailler, il alla chercher le nécessaire pour le rituel : Un fée pour le sacrifice, un couteau de sorcière et un autel.

La statue de Seth finie, Zu’kak jeta le fée ligoté sur l’autel de pierre, puis ramassa le couteau. Il appela Seth :

« Seth, merveille des enfers, dieu des souffrances et terreur sur la terre, nous demandons conversation avec toi. Accepte ce sacrifice de bête inférieure de tes disciples. »

Le damné coupa les liens du fée immobilisé par la peur. Il planta le couteau dans le cœur du prisonnier, le tuant immédiatement. Zéphir continua, comme le rituel le voulait ;

< Seth, dieu qui a toujours été et qui vas toujours être, nous demandons conversation avec toi. Accepte se corps chaud dont le cœur ne vit plus de tes disciples. >

La statue prit alors vie. Sa queue se mit à se tortiller doucement et ses yeux s’ouvrirent pour laisser voir des globules jaunes au milieu, une longue fente noire. Le dieu releva sa tête, sa langue sifflant hors de sa bouche, et dit :

« Que me veux-tu, petite pessssste humaine? »

Chapitre 7

Le pacte des enfers

« Oui, que me veux-tu, toi qui m’a appelé des enfers? »

Zu’kak et Zéphir s’inclinèrent bien bas devant l’effigie vivante. Se sentant à veille d’exploser, Zu’kak répondit :

« Dieu des merveilles horribles, nous avons une faveur te demander. »

« Tous sssssseux qui m’ont demandés une faveur ont péris ssssssous la terre car ils me tannaient. Que peux-tu me dire pour que je ne vous tue pas, toi et ta dragonne? »

« Car je veux conquérir le monde! Sous ma commande, dès que je serais roi suprême, j’ordonnerais qu’on te prie! Un culte mondial dédié a toi! »

« Cette proposssssssition me plais. Mais pourquoi me le demander? Tu n’as qu’à lever une armée. »

« Car j’ai besoin d’une armée invincible! Mais toi seul peux faire revivre les morts. J’ai tout préparé! Le cimetière, situé près de la ville, est plein de corps décomposés! »

Seth pensa un moment, puis dit :

« Bien. A la prochaine pleine lune, toutes les fées doivent êtres mortes et enterrés dans le ssssssimetière. Les ssssssquelettes revivront, seront invinssssssibles et t’obéiront au doigt et à l’ œil. Le ssssssseul moyen de les tuer, c’est de te tuer. »

« Autre chose, terreur vivante? »

« Oui. Laisssssse deux fées, un homme et une femme, vivants car il sssssont ssssous la protecssssssion de Féyra, et je pourrais être ssssséverrement punis si tu exxxxtermine leurs race. Ils doivent être capable de sssssse reproduire. » répondit-il en ramassant le corps inanimé à ses pieds.

« Il en sera selon tes désirs! »

« Je ssssais, humain, je ssssais. »

Le corps du fée disparu, et la statue redevient pierre.

< Bon. Au travail! > dit Zéphir en s’envolant de la tour d’observation. < Toutes les fées au château, ordre du roi Zu’kak. Rendez-vous dans la salle du trône immédiatement. > hurla-t-elle.

Chapitre 8

Le massacre

« Bon. Vous devez vous demander pourquoi je vous aie rassemblé ici. » commença Zu’kak.

Les fées maintenant toutes rassemblées à la salle du trône, Zu’kak leurs ordonna le silence. Faisant doucement planer le couteau de sorcière trempé de sang, le damné continua :

« La réponse est simple : je vais finir ce que j’ai commencé. »

« Tu vas nous tuer! Tu vas tous nous tuer! » hurla une fée.

La cohue commença : tous criaient en essayant de s’enfuir. Zéphir rapporta l’ordre d’un puissant rugissement qui résonna dans la salle. Elle s’envola pour aller ramasser celle qui avait tout commencée et l’apporter à Zu’kak. Se levant lentement de son trône, le damné s’approcha de la fée qui tremblait. Elle tenait un bébé dans ses bras. Zu’kak hurla :

« Qui est le père de ce bébé? »

« M..moi. » répondit un fée.

« Viens nous rejoindre. Immédiatement. »

Le fée se fraya un chemin au travers de la foule silencieuse. Dès qu’il arriva aux pieds du trône, Zu’kak ramassa calmement le couteau qui planait. Il dit :

« Qu’importe vos noms! Vous allez survivre. Le bébé est de quel sexe? »

« Elle est une fille. »

« Bien. Dis-lui au revoir. »

La fée tomba face contre terre et sanglota :

« S’il vous plaît, non, pas ma petite Kinara! »

« Donnes la moi. Car toi et ton mari allez survivre, mais pas elle. C’est toi, ou cette peste de Kinara. Choisis! »

« Saches que je vous la donne à contre cœur, majesté. » dit-elle en tendant le bébé qui sanglotait doucement.

« Bon choix. Zéphir, conduit-les aux cachots. Enferme-les et fais fondre la clé. Fais fondre toutes les clés! Ils doivent être capables de se reproduire, mais incapables de s’enfuir! Et enferme-les avec un an de provisions. » ordonna le damné d’une voix sinistre.

< Pour cela, il va falloir que je fasse une grande chambre en détruisant les autres cellules. D’accord? >

« Oui. » répondit Zu’kak en balayant l’air de sa main. « Fais vite. »

Zéphir attrapa les fées choisies par son éleveur et les apporta aux cachots. Tenant le poupon bien haut, Zu’kak cria :

« Un volontaire pour tenir se bébé? Elle me dégueule. »

« Je la prends! C’est ma petite fille! » répondit une fée.

« Je m’en fous! » cracha le damné.

Le roi fit léviter la petite fille et l’envoya à la fée. Il le fit s’y brusquement que la fée faillit échapper la petite.

Entendant les pas pesants de Zéphir, Zu’kak fit lever le couteau au-dessus de sa tête. Il murmura des mots que les fées ne comprirent. Le couteau se mit à trembler, puis se divisa en trois douzaines de couteaux de la même grandeur. Dès que sa dragonne eu rentré dans la salle, le damné envoya les couteaux sur les fées. Les quelques fées qui tentaient de s’enfuir avaient affaire à Zéphir.

Quelques minutes après, il ne restait plus une fée vivante. Mais Zu’kak entendit des pleurs, des pleurs d’enfant. Il se rapprocha des cris et aperçu Kinara. Le damné s’agenouilla près d’elle, un sourire méchant aux lèvres.

Chapitre 9

Kinara

Les couteaux se fusionna en un, et fonça sur la petite Kinara. Mais Zéphir hurla :

< NON! ZU’KAK! >

Faisant le couteau arrêté net, le damné se retourna vers sa dragonne, surpris.

« Hein? Mais... il faut la tuer! »

< Mais non! On peut l’utiliser. >

« Tu as une bonne idée. Mais il faut se concentrer sur les corps des fées : comment toutes les enterrés à temps? Ma magie ne peut toutes les faire disparaître sous la terre, il y en a trop! »

< Vrai! Mais pendant que j’enterre les fées, tu pourrais utiliser ta magie sur elle et la faire grandir plus vite que nature. >

« Ha! Ha! J’adore ça! On peut la faire grandir avec des entraînements de guerriers et elle deviendra une redoutable guerrière! Et...hum... »

Une autre idée venait de naître dans sa tête. Il ramassa aussi doucement que possible Kinara, qui se calma aussitôt. En la berçant dans ses bras, il continua :

« Et, au temps voulu, on pourrait voler un œuf de dragon des Drak’hels ou des Vurmankas. Faire éclore l’œuf serait un jeu d’enfant! »

< Parfait! Je vais commencer à apporter les corps au cimetière. >

« Moi, je conduis ce petit trésor à la chambre. Viens me rejoindre dans une kou. »

***

Le damné était dans sa chambre. Immobilisant Kinara, Zu’kak se concentra. Il dit lentement :

« Esprits! Kinara m’appartient! Par ma volonté, je veux qu’elle grandisse! Re’kio garatara marufa! »

Alors, sous ses yeux, il vit la petite Kinara se transformer, grandir à une vitesse incroyable. De grandes ailes apparurent sur son dos, à l’instar de ceux de son peuple. De longs cheveux noirs poussèrent sur sa tête. Une robe de soie noire et rouge sang apparue sur sa peau, mais le damné put distinguer les contours d’une armure de cuivre sous le vêtement. Sentant ses forces le quitter, il décida d’arrêter le processus vers seize ans. Vu que Zu’kak avait dix-sept ans, il ne pouvait pas faire passer Kinara pour sa fille. Par contre, il pouvait faire Kinara grandir avec l’idée que son père était le damné, éleveur de dragon, et sa mère était une fée, morte assassinée par d’autres éleveurs.

Le roi assassin arrêta le sort. Devant lui se tenait une fée aux allures de guerrières. Elle déclara avec une voie douce et profonde :

« Père! Ou est mon épée? Tu m’as promis de me la donner aujourd’hui! »

« Huh? Quoi? »

« Tu sais! Tu m’as dis, père, que tu me donnais ma première épée aujourd’hui! »

Zu’kak réfléchi. La meilleur solution était de faire son esprit voyager jusqu’à Gora et dévaliser une épée de valeur et de la donner à la fée.

Son esprit voyagea à la vitesse de l’éclair à Gora, et se retrouva dans la chambre de Ha’nuo. Dégoûté par les couleurs vives de sa chambre, le damné s’empara d’une épée sertie de rubis, et le manche était fait en or. Tenant l’épée, il retourna à sa chambre de cristal.

Kinara se tenait devant lui, et n’avait vu que l’épée de Ha’nuo apparaître dans les mains de son tuteur. Époustouflée, elle s’agenouilla devant Zu’kak, murmurant :

« Père, cette épée... Elle est pour moi? »

« Mais bien sûr, mon enfant. Tu en es digne. » répondit le damné en lui tendant l’épée.

Kinara prit l’épée et se releva lentement, les yeux sur la lame qui scintillait. Elle la leva bien haut, en disant :

« Père, si je suis digne de cette épée, cette épée est digne de tuer ceux qui ont assassiné ma mère! »

« Bien. Allons aider Zéphir à enterrer les corps des fées mortes. »

« Ah, oui, ceux qui ont trahis mère en joignant les éleveurs. » grimaça Kinara.

Chapitre 10

Une bonne idée?

À Gora, c’était la cohue. Les Drak’hels arrivaient pour s’installer en ville. Les habitants, sachant qu’ils venaient en amis, les accueillaient chaleureusement. Les Drak’hels, qui n’avaient jamais eu d’amis auparavant, étaient désemparés devant le flot de Vurmankas. Les habitants n’avaient pas tous des dragons, mais ils offrirent de décharger les dragons et de les abreuver.

Vika déclina l’offre d’un paysan qui insistait de prendre soin de Karkara. Il arqua plutôt vers le château, saisit d’une joie qu’il avait quittée depuis longtemps. Sourire aux lèvres, le roi des Drak’hels ouvra la porte à la salle du trône, suivi de son dragon. Mais il perdit son sourire quand il vit Ha’nuo, assit sur son trône, visiblement rongé par l’angoisse. No’hit, son mage, était perdu dans ses pensées. En voyant Vika, Ha’nuo déclara :

« Ah, Vika. Nous t’attendions. Nous avons un autre cas à régler. »

« Ou sont Sadahell et Pavori ? « demanda Vika. » Ils pourraient nous aider. »

« Ils sont déjà partis donner les missives aux villages. » répondit No’hit.

< Qu’est il arrivé, Ha’nuo? > demanda Karkara.

« Mon épée a disparu. »

« Rien que ça? Vous vous inquiétez pour rien! J’irai quêter une épée chez mes guerriers, et je te rapporterai la plus belle, la plus solide. »

« J’apprécie votre générosité, mais nous sommes inquiet pour une autre raison. No’hit, explique-lui ce que tu as ressentis. » répliqua le roi.

No’hit et Tchi, son dragon, s’avancèrent. Tchi commença :

< Hier, juste avant que Gatu disparaisse dans les entrailles de la terre, j’ai ressentis une présence. Je l’ai signalé à No’hit et il est allé vérifier les chambres. >

« Une aura malsaine provenait de la chambre du roi. Alors j’y ai jeté un coup d’œil. Là-dedans, j’ai vu un spectre. Il flottait dans l’air. Je l’ai vu ramasser l’épée de Ha’nuo, puis il a disparu. »

< C’est sans nul doute l’esprit du damné qui voyageait. Alors, cette expérience prouve que nous avons besoin de défenses contre des attaques spirituelles. > en déduisit Karkara.

« Ma magie n’est pas assez puissante pour maintenir une barrière magique autour de la ville pour toujours. » se désola No’hit.

« Nous pourrions poster des guerriers sur les remparts de Gora. Ils formeront un bouclier magique et se relèveront. » suggéra Vika.

« Nous ne pourrons pas faire cela, de risque de les tuer à la tâche… Il nous faut tout nos guerriers pour défendre la ville. » répliqua Ha’nuo.

< Vrai. > soupira Karkara.

< Nous pourrions opérez comme cela pendant quelques jours, pendant qu’on trouve une solution. Le sommeil apporte conseil. > déplora Natariaché.

« Je vote pour. » dit No’hit.

« D’accord, mais il faut qu’on décide dans quelques jours. » argumenta le roi des Drak’hels.

« C’est réglé, alors. Nounoura! Conduit Vika et Karkara dans leurs appartements royaux. »

Alors que le majordome, le roi et son dragon se dirigeraient vers la chambre, No’hit s’empressa de mentalement transmettre des ordres aux guerriers de la ville.

Chapitre 11

L’oeuf

Kinara, la jeune guerrière, s’affaissait à creuser les trous qui hébergeait les corps des fées mortes. Son père, Zu’kak, ne lui avait pas tout expliqué au sujet de son plan, mais elle savait qu’il planifiait conquérir le monde avec l’aide de Seth. Elle ne savait pas avec quelle armée, mais elle avait une petite idée là-dessus… Peut-être une armée de morts-vivants, de zombies, qui rêvaient de viande tendre et fraîche? Rien que d’y penser, elle frémissait de plaisir. Elle imaginait déjà le flot déchaîné qui dévorait des proies humaines criantes d’horreur et de souffrances…

Zu’kak, lui, travaillait d’arche pieds tout en pensant. Si Kinara l’accompagnerais à la guerre, elle aurait besoin d’un dragon. En dévaliser un de Gora, c’était risqué car, au travers de la boule de cristal, il avait découvert que No’hit, le grand chef mage, l’avait surpris un moment. Malgré le peut de temps qu’il l’avait vu, No’hit avait pu l’identifier.

Zéphir, qui suivait le cours de ces pensées alors qu’elle creusait, son esprit fit le tour du repère des Drak’hels, maintenant abandonné. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’elle découvrit un œuf, seul, dans une des salles. Fière de sa découverte, elle revint à la réalité pour découvrir que Zu’kak lui parlait :

« Zéphir? Je te parle! Où est tu encore allée? »

< … Le repère des Drak’hels… >

Sans perde de temps, elle expliqua se qu’elle avait vu, et comment l’œuf abandonné offrait la solution au dilemme de Zu’kak.

Quand Kinara vu son père en tenue de voyage, c’est-à-dire avec sa cape, elle savait que quelque chose mijotait. Elle vint le voir pour lui demander :

« Père, où vas-tu? »

« C’est une surprise. Mais continue de travailler, il faut avoir finit par la prochaine lune, donc dans trois jours. »

« Mais…père. Tu es puissant. Pourquoi ne juste pas creuser des fosses avec ta magie, puis y placer les corps? C’est plus simple. »

« Kinara, tu connais le principe d’énergie… Et puis, pour le rituel, je crois que Seth serait ravi de voir que nous y avons laissés sueur et sang sur ce travail. »

« Bon. » ronchonna Kinara, résignée.

En un éclat, Zu’kak avait disparu. Il réapparu juste dans l’entrée du repère des Drak’hels. Zéphir ayant dessinée une carte mentale de l’endroit dans son cerveau, il n’u pas de misère à y repérer l’œuf. Le damné le pris doucement et il reparti sans plus de façon.

Il réapparu dans sa chambre. Déposant l’œuf, il ouvrit un coffre sur une des étagères rouges de sang. Faisant léviter l’œuf, il le plaça délicatement dans le contenant doublé de velours. Il ferma le coffre qu’il scella à la magie, puis déposa sa cape sur son lit. Il alla alors rejoindre sa dragonne et Kinara pour continuer la volonté de Seth.

Chapitre 12

Seth

Ayant réussi à enterrer tout les corps un jour avant la pleine lune, Zu’kak, Zéphir et Kinara se reposait. Mais le damné devait réclamer les consignes de Seth pour savoir comment se déroulerait le rituel.

Il envoya Kinara dans sa chambre, à l’autre bout du château. Zu’kak s’agenouilla devant l’effigie de Seth, son nouveau maître. Zéphir l’imita. Il récita :

« Seth, merveille des enfers, dieu de souffrance et de terreur sur la terre, montre la voie à tes fidèles serviteurs. Nous n’avons pas de sacrifice, mais bientôt, des milliers d’âmes rejoindront ton vaste royaume. Donnes-nous tes consignes, nous t’attendons! »

Sous leurs yeux, l’effigie pris vie. Sifflant, Seth déclara :

« Cccccccc’est bien, petit humain. Demain, tu auras une armée de sssssssssquelettes invinccccccccccccibles, ou presssssssssque, à tes commandes ssssssssssi tu obéis ccccccccces conssssssignes. »

« Nous t’écoutons, merveille horrible! » s’exclama Zu’kak.

« Bien. Lorssssssss’que la lune aura mangée le ssssssssoleil, et qu’elle ssssssssera en sssssssssson zénith, tu devras récccccccciter ceci : Je commande à Mara d’où vient la vie, et à la colère bouillonnante de Dabla, d’où vient la mort de s’unir, je l’ordonne, par la volonté de Seth! Alcra Ézu Uzé Arcla! Les fantômes des fées vont apparaître, avides de vegencccccccce. Elles sssssssssse préccccccccccipiteront ssssssssur toi. Tu dois alors continuer : Par la volonté de Seth, vous êtes à moi! Vie éternelle vous est donnée, mais à moi vous appartenez! Regagnez vos squelettes et devenez noirceur de la vie! Devenez mort-vivants, par Seth, votre dieu! Cccccc’est ccccce qu’elles vont faire… Et ton armée est prête! Mais… Ne ssssssous-essssstime pas la forccccccce de ton ennemi, il est maintenant puisssssssssant. »

« Je ferais selon votre volonté! Avec vous, rien ne peut m’arriver! Avec vous, je vaincrai! »

« J’admire ta confiancccce… Peut de perssssonnes ont confianccccce à un dieu-ssssserpent qui est connu pour ssssssa tricherie et ssssssses mensssssonges. HaHaHa! Oui, tu es bien cccccelui dont j’ai bessssssion pour règner sssssssur la terre. » siffla Seth.

« Si vous me le permettez, votre Excellence, je vais me reposer. »

« Oui, oui… Au revoir, et ne manque pas ta chancccccce. »

L’effigie se figgea.

***

Revenu au Panthéon des dieux, où règnent les dieux du mal et les dieux du bien, Seth se retrouve devant Odin, le dieu suprême des bons. Seth, étant le dieu suprême des mauvais, n’est pas impressionné par son air de colère.

« À quoi joues-tu, Seth? Tu bouscule le panthéon avec tes singeries! » tonna le dieu bon.

« Ne sois pas dupe! Je ne boussssssscule que les dieux bons, tels que toi. » railla Seth.

« Ton damné est sur le point d’enfreindre les lois! Le sais-tu? » rétorqua Odin alors que ses deux corbeaux prirent place sur ses épaules.

« Il ne va pas les enfreindre, puisssssqu’aucune lois dit qu’un mortel n’a pas le droit d’exécuter le rituel de Mara-Dabla. »

Deux de ses fidèles démons, Kilu et Yary, venaient d’apparaître derrière lui. En position d’attaque, ils attendirent le commandement de leur maître.

« Laissssssse-moi passsssser, j’ai des choses à régler. » soupira Seth de lassitude.

Odin jura et s’écarta. En s’éloignant, Seth se moqua :

« Oh, les gros mots! »

« Maître. » commença Kilu dès qu’ils soient éloignés. « Nous sentons des crépitements dans tout le Panthéon. Quelque chose est sur le point de se passer. »

« Je les ssssssens moi aussssssi, Kilu. »

« Laissez-nous, pour vous protéger, vous suivre partout. » demanda Yary.

« Yary, Yary… Vous doutez de moi? Votre vieux maître a plus qu’un tour dans ssssson ssssssac. Vous pouvez rentrer aux enfers. »

« Parlant des enfers... » s’aventure Kilu.

« Cerbère a quelque qui ne va pas. Probablement un coup des dieux bons. » finis Yary.

« Quesssssssque qui lui arrive? »

« Il laisse tous les morts passer, il n’y tient plus. Les démons se découragent, car ils n’arrivent plus à le ramener comme avant. » explique Kilu.

« Que des ennuis à l’horizon! » s’exclame Seth.

Chapitre 13

Le Panthéon du bien

Odin rejoignit vite le Panthéon du bien. Il convoqua tout les dieux du bien : Féyra, déesse des fées; Cenraut, dieu des centaures; Lug, dieu de la poésie et des mots; Mara, déesse de la vie; Thor, dieu des tempêtes; Shakuru, dieu de la lumière; Poséidon, dieu des mers et des océans…bref, toutes divinités du bien était rassemblés dans le Panthéon. Odin se leva, réclama le silence et commença :

« Chers amis! Seth et son nouveau jouet, Zu’kak le damné, vont bientôt ressusciter les fées mortes dans le but d’avoir une armée invincible pour conquérir le monde! Il faut empêcher cela à tout pris! »

« Que devons-nous faire, Odin? » demanda Thoth, dieu de la science et de la médecine.

« Juste affaiblir Cerbère a réduit nos forces et en gros. » se désola Manannan Mac Lir, maître des lacs et des rivières.

« Nous devons éliminer Zu’kak, coûte que coûte. » dit au tac Odin.

« Mais si nous tuons Zu’kak, Sovel’ha mourra avec lui, et c’est l’élu que nous avons placés en ce monde! » déplora Shakuru.

« Nous avoierons un champion… Grâce à sa magie, il pourra tuer Zu’kak mais Sovel’ha restera intact. Yarubira, viens, approche. » expliqua Odin.

Yarubira s’approcha. Fils de Lug et de Mara, il était le meilleur archer et escrimeur du Panthéon : il était le dieu défendeur. Ses cheveux roux descendaient jusqu’à derrière ses oreilles, et deux longues ailes d’aigle gracieuses dans son dos harmonisaient parfaitement avec son corps musclé.

« Yarubira, fils de Lug et de Mara, dieu défendeur des êtres de lumière, nous te demandons d’éliminer Zu’kak, le damné. Mais ne fais pas de mal à Sovel’ha! » lui dit Odin.

« J’accepte ma mission avec honneur, o grand Odin! Je vais immédiatement l’accomplir. » répondit fièrement Yarubira.

« Bien. Nous allons regarder ta bataille contre Zu’kak. Que la chaleur du soleil resplendisse toujours sur toi! » souhaita Thor.

« Mais fête un peu avec nous, avant de partir! » demanda Poséidon. « Mes sirènes m’apporterons de la bière de corail, un délice. »

« Bien… » hésita le Défendeur.

« Je te ferai goûter à une des spécialités de Fluon, un de mes sages : les roches blues! Elles explosent dans la bouche et libère des mots : un poème est récité dans ta tête! » offrit Lug. « Il faut célébrer, mon fils! »

« Bon, très bien. » accepta finalement Yarubira.

Alors, tous participèrent avec entrain à la fête, inconscients qu’un disciple du mal les espionnait et allait faire son rapport à Seth.

Chapitre 14

Le Panthéon du mal

Une assemblée avait commencé de la même manière que sur le Panthéon du bien, sauf sur le Panthéon du mal. Seth en tête, les dieux mauvais avaient vite envoyés Nocturna, demi-déesse de la nuit et servante de Seth, espionner le Panthéon des Justes. En attendant le retour de Nocturna, les dieux du mal discutaient.

« Et si nous enlevons un des dieux du bien? » proposa Hadès, gardien des enfers.

« Impossible, ils riposteront de force pour libérer leur frère. » expliqua Arawn, dieu du suicide.

« Ce n’est pas une mauvaise idée. Si Cerbère revient à la normale, nous pourrions l’enfermer avec lui… » réfléchi Loki, dieu de la discorde et demi-frère de Thor.

« Mais qu'es-ce qu’y empêche les Justes d’aller le libérer? » argumenta Dabla, dieu porteur de la mort.

« Ben, Cerbère, justement! » se moqua Math Mathonwy, dieu de la magie noire.

« Silence! Nocturna est de retour et Seth va parler! » dit Loki.

Le silence tomba dans le Panthéon. Seth remercia silencieusement Nocturna et lui indiqua d’aller s’asseoir. Alors que la demi-déesse prenait place, Seth s’adressa aux dieux du mal :

« Mes frères! Première nouvelle, les dieux bons sssssssont derrière le mal de Cerbère. Il faut trouver une sssssssssolution. »

« Enlevons Thoth! » rugit Hadès.

« Je t’ai déjà dit non! » répliqua Arawn.

« Bien, c’est un commenccccccement. D’autres idées? » continua Seth.

« Maître! » lança Nocturna. « Je pourrais voler le livre des savoirs de Thoth. »

« Excellent! Vassss-y tout de suite après notre assssssssemblée. »

« Vos désirs sont vos ordres. »

« En sssssssecond lieu… Yarubira a été envoyé par Odin pour éliminer le damné… En ssssssssséparant la perssssssssssonnalité de Zu’kak et Sssssssovel’ha, ils vont tuer Zu’kak, mais pas Ssssssssovel’ha. »

« C’est possible? » s’étonna Dabla.

« NOUS SOMMES DES DIEUX, DABLA! ARGHH! JE SUIS ENTOURÉ DE CRÉTINS DE LA PIRE ESSSSSSSPÈCE. » hurla Seth.

« Pardon…Grand et maléfique Seth! Pardonne ton serviteur. »

Seth envoya un éclair bleu sur Dabla. Après de longs cris déchirants de souffrance d’agonie, ce dernier finit par retrouver ses forces pour se rassir. Seth, calmé, dit :

« Je disssssssait donc… Une fois libéré mon joug, Sssssssovel’ha et Zéphir reviendront cccccce qu’ils étaient. »

« Tu veux dire que c’est toi qu’il l’a changé en damné? » s’exclama Math Mathonwy.

« Encore une fois, il va falloir que je réexplique tout. Oui, cccccc’est moi qui ai ordonné, pendant que Sssssssovel’ha ssssssséjournais dans les enfers, aux démons de ne pas le toucher. » soupira d’exaspération Seth.

« Et Blikkard? » demanda Loki.

« Ccccccet idiot cccccc’est détourné de moi. Il ne sssssservait que Vika, tout ausssssssi idiot que lui. Cccccce démon méritait sa mort aux mains de Zu’kak. » répondit l’incarnation du mal. « Bon. Il nous faut nous-mêmes un champion qui ira défendre, indirectement, Zu’kak. Devant les dieux bons, il dira que c’était "un heureux hasard" qu’il était arrivé à temps, en livrant à Zu’kak un messsssssage de ma part. »

« J’y vais! » s’exclama Arawn.

« Bien. Arawn et Nocturna, allez faire vos tâches. Exxxécution! Et pour le reste des crétins, l’asssssssemblée est terminée. »

Chapitre 15

Yarubira contre Arawn

Le dieu des suicides devait se dépêcher. Yarubira partait bientôt. Il devait avoir l’avance. Au bout du Panthéon du mal, il se préparait à décoller pour le monde des hommes. Il se fit pousser deux ailes de chauves-souris, sur sa colonne vertébrale en décomposition. Le squelette ajusta son casque de guerre ornée de cornes de démons et de pierres précieuses, étendit ses ailes décharnée et s’élança.

Quelques minutes plus tard, le château de cristal était en vue. Le temps se déroulant beaucoup plus vite dans le Panthéon des dieux, la statue de Seth venait de s’immobiliser aux yeux de Zu’kak et de Zéphir. Arawn vit alors un flash d’ailes blanches, ce qui ne pouvait qu’être Yarubira. Repliant ses ailes pour se donner de la vitesse, Arawn arriva premier dans la tour de Zu’kak par la fenêtre.

Zéphir gronda en voyant le nouveau arrivé. Zu’kak se tourna et dit :

« Mais… C’est Arawn, dieu du suicide! Que me vaut cet honneur? »

« Oublie les formalités, humain. J’apporte un message de Seth… Tu es en danger. »

Mais alors une flèche dorée siffla à l’oreille de Zu’kak, puis s’écrasa contre le mur de crystal. Arawn se retourna en grognant. Là planait Yarubira, qui se préparait à tirer une autre flèche.

« Zut. Je crois que j’ai trop bus de bière de corail… N’empêche, pourquoi a deux damnés? » pensa le Défendeur. Il lâcha un petit hip.

Une épée noire apparue dans les mains du dieu des suicides. Battant fortement les ailes, il rejoignit en moins de deux Yarubira, qui n’avait pas réalisé ce qui se passait. Sans laisser le temps au Défendeur de ranger son arc, Arawn assena un coup violent derrière la tête du Juste. Perdant connaissance, Yarubira plongea dans le cimetière.

Quand le Défendeur se réveilla, il découvrit une épée noire à sa gorge. Ayant recouvert tous ses sens, il leva doucement la tête pour découvrir Arawn. L’incarnation du mal railla :

« Enfin réveillé, belle dormeuse? »

« Comment t’es-tu rendu ici? » demanda Yarubira en tirant discrètement une dague de sa manche.

« Un heureux hasard. » répondit Arawn.

En un éclair, le Défendeur lança avec précision la dague, qui se ficha dans l’os de la jambe d’Arawn. Hurlant de douleur, le dieu du mal arracha la dague et se rendit compte que Yarubira était déjà haut des les airs et se dirigeait vers la tour de Zu’kak. Il s’envola après le Juste.

Réalisant le danger, Zu’kak ordonna à Zéphir de se tenir prête. Elle inspira donc et un jet de feu prêt à servir se créa dans sa gueule. Zéphir n’attendait plus qu’un moment d’inattention de Yarubira, mais il se rapprochait vite.

Yarubira se dirigeait vers la tour avec la ferme intention d’achever le damné et de retourner au plus vite au Panthéon. Il remarqua alors Arawn était à sa suite. Il changea d’idée et se dit qu’un dieu de moins au Panthéon du mal ne ferait aucune différence, au contraire, aiderais Odin à les vaincre. Il rangea son arc et sortit son épée. Il obliqua alors pour se ruer sur Arawn.

Les deux épées s’entrechoquèrent. Maîtrisant son épée avec adresse, Arawn fit une feinte de la droite et frappa de gauche, mais Yarubira l’esquiva facilement. On ne l’appelait pas le Défendeur pour rien! Yarubira essaya à son tour de frapper le bras d’Arawn, mais l’incarnation du mal le bloqua.

Les divinités perdaient leurs forces. Incapable de se retenir plus longtemps, Zéphir lâcha un long jet de feu sur Yarubira. Surpris, il hurla de douleur lorsque le feu frappa sa poitrine. Arawn eu alors l’opportunité qu’il attendait : d’un coup sec, il trancha une des ailes du dieu bon. Perdant de l’altitude, le dieu bon paniqua. Par-dessus lui, Arawn trancha son autre aile. Chutant maintenant comme une pierre, Yarubira cria :

« Pardonne-moi, Odin! Je n’ai pas été capable d’accomplir ma tâche! »

Le Juste retomba dans le cimetière. Il savait que c’était son cimetière maintenant.

Chapitre 16

Dokral

Arawn atterrit près du Bon, qui était en piteux état. Les ailes pleines de sang de Yarubira tombèrent lentement vers leur légitime propriétaire.

Zu’kak, sur Zéphir, atterrit à son tour dans le cimetière. Il regarda, sans éprouver de pitié, Arawn enfoncer lentement son épée dans le cou du vaincu. Le Défendeur explosa dans une fine poudre d’or, qui se dispersa au vent. Le dieu des suicides fit disparaître son épée en disant :

« Bon… Mission accomplie! Je vais retourner au Panthéon. »

Il se tourna vers Zu’kak :

« Quand à toi, soit préparé pour demain… Seth veille sur toi. Très rare pour un mortel. Au revoir. »

« Que vous trouvez toujours de bonnes victimes! » souhaita le damné alors qu’Arawn prenait son envol.

« Père! »

Zu’kak se retourna pour découvrir Kinara perchée à la fenêtre de la chambre du damné.

« Que c’est-il passé? »

« J’arrive, Kinara! »

Une heure plus tard, Zu’kak et Zéphir avaient finis de raconter ce qui c’était passé.

« En passant, nous avons un cadeau pour toi. » dit Zu’kak en se dirigeant vers le coffre scellé.

« Quesque c’est? »demanda Kinara en jubilant.

< Tu vas voir. > lui répondit Zéphir.

Quand son père lui tendit son cadeau, Kinara cria de joie. Elle reconnaissait bien la forme ovale de l’objet : c’était un œuf de dragon! Tellement elle avait rêvé d’avoir un jour son propre dragon.

« C’est pour que tu m’accompagne à la guerre. » déplora Zu’kak.

« Quand as-tu eu Zéphir? » demanda Kinara.

Ayant perdu tout souvenir avant son passage aux enfers, il répondit :

« Euh…je…Je n’en sais franchement rien. Eh! Mais, regarde! Ton œuf! Il éclore! »

Il disait vrai. Une longue fente parcourait la paroi de l’œuf. L’œuf se secoua un coup, puis s’ouvra. Une tête crochue sortit et essayait de faire sortir le reste de son corps.

Plus tard, le nouveau dragon reniflait sa nouvelle maîtresse, Zéphir, Zu’kak, partout. Kinara décida :

« Je vais l’appeler Dokral. Mais va-t-il parler? »

Cela inquiétait aussi Zu’kak. Il se souvenait, au moins, Zéphir lui parler dès sa naissance… Zéphir comprit soudain :

< Oh, non! Je viens de comprendre… On croyait que l’œuf avait été oublié, mais il a probablement été laissé là par exprès, il avait un défaut quelque part… Peut-être il ne va jamais parler. >

« Bah, au moins il me comprend, regarde : Dokral, viens ici! » ordonna la guerrière.

Le petit dragon rouge vient aussitôt se blottir contre elle. En grognant, il réclama à manger.

« Il va falloir que tu n’en prennes soin, Kinara. Il a faim. » déclara Zu’kak.

« Oh, oui! Et on va s’entraîner! On y va! »

Elle apporta donc à la cuisine le petit dragon qui, incrédule, ne comprenait pas ce qui se passait.

Chapitre 17

Le livre des savoirs

Dès qu’il atterrit au Panthéon du mal, Arawn remarqua qu’une grande joie y régnait. La joie étant rare dans le Panthéon, le dieu des suicides supposa que son sucés était fêté. Math Mathonwy vint le rejoindre, ivre. Il expliqua :

« La tâche de Nocturna et…hip… la tienne sont accomplies! Viens fêter…hip… Champion du Panthéon du mal! »

Arawn attrapa donc une jarre de Vin au Sang et but le tout. Avec le surplus d’alcool que Loki, chargé de la nourriture et du vin, a ajouté, Arawn rejoignit vite ses frères qui se roulaient dans la nourriture, sur la table.

Arawn remarqua, à part, Nocturna et Seth qui discutaient. La déesse tenait contre elle, à moitié caché dans sa cape, un livre doré. N’y payant pas attention, il continua de s’empiffrer d’agneau cru.

« Le sang goûte si bon…. » rêvassa Arawn.

La fête fut alors interrompue. Se tenant là était Odin, Lug, Mara et Thoth. Ivres, les dieux du mal se mirent à rire bêtement. Seth se leva et Nocturna ne devint qu’une avec la noirceur de l’ombre.

« Tiens, tiens… Sssssssi ccccce n’est pas Odin et sssssses sssssbires. » railla Seth.

« Tais-toi, vipère. Nous savons que tu es derrière le meurtre de Yarubira. » dit Odin.

« Ou plus précisément Arawn. » continua Lug.

Ayant entendu son nom, Arawn se retourna. Il dit :

« C’était, oh grand Odin…hips…Un heureux hasard. J’allais…hoc…J’allais… lui donner un message…. »

« De ma part. » fini Seth.

« Mon fils ne serait pas pris par surprise! Vous mentez! » cria Mara.

« Nous ssssommes innocccents! » protesta Seth.

« Et mon livre? »demanda Thoth. « Vous m’avez volé mon livre des savoirs! J’ai vu cette pourriture de demi-déesse! Elle l’avait, puis elle a disparu. “

« Ton livre? Quel livre? De toute façççççon, nous n’avons pas vu Nocturna pour des jours. » mentit Seth.

« Très bien, nous nous en allons. Attention à vous, nous vous surveillons! » pesta Odin.

Quand ils furent partis, les dieux s’aspergèrent d’eau et se tournèrent vers Seth, qui tenait le livre doré, le livre des savoirs.

***

« Ah, ha! » dit Seth. « Voicccccci ccccce qui ai caussssé le comportement de Ccccccerbère : le ssssssortilège Raknizon Or Rolu. »

« Y a-t-il un contre-sortilège? » demanda Loki.

« Bien ssssssur, crétin puant. Le voilà : Rolu Graou Faknir… blablabla… Il faut que Cccccerbère mange un cœur encore battant d’un être vivant…blablabla… Fin de la ssssssection. »

« C’est tout? » s’étonna Math Mathowy. « Je m’occupe de trouver un être vivant et de l’apporter à Cerbère, Seth. Retrouvez-moi dans une heure au désert de Cerbère. »

Chapitre 18

La levée des morts

Zu’kak n’avait jamais été aussi nerveux. Zéphir aussi, c’était clair. Sa longue queue battait l’air constamment. Minuit moins cinq, Zu’kak commençait l’incanation. Il avait ordonné à Kinara et Dokral de rester au château. Si ils se montraient la face, ils allaient être paralysés par la magie de Zu’kak, par précaution.

« Je commande à Mara, d’où viens la vie, et à la colère bouillonnante de Dabla, d’où viens la mort, de s’unir, je l’ordonne, par la volonté de Seth! Alcra Ézu Uzé Arcla. »

Un vent violent se leva. Dans les tourbillons de terre et d’os, Zu’kak et sa dragonne purent difficilement distinguer les formes de spectres fous de rage qui avançait lentement mais sûrement sur eux. Paniqué, mais presque certain que Seth le protégerais, Zu’kak continua le plus vite possible le sort.

« Par la volonté de Seth, vous êtes à moi! Vie éternelle vous est donnée, mais à moi vous appartenez! Regagnez vos squelettes et devenez noirceur de la vie! Devenez morts-vivants par Seth, votre Dieu! »

Le calme revient aussitôt. Les tourbillons cessèrent, et les fantômes disparurent. Soudain, pas à un mètre de Zéphir, la terre fendit pour laisser place à une main squelettique. Plusieurs autres suivirent et bientôt, le cimetière était rempli de squelettes. Ils n’avaient pas d’armes, mais leurs doigts étaient remarquablement aiguisés. De la chair en décomposition pendait des os de certains morts-vivants.

Un s’avança et dit, d’une voie creuse et sans émotion :

« Je suis Karsann, le porte-parole de mes frères, à votre service. Nous suivrons chacun de vos ordres à la lettre, nous satisferont tous vos caprices, pour la gloire de Seth! Nous avons vus la vérité, rien ne peux nous arrêter! »

***

Math Mathonwy attendait impatiemment Seth et les autres dieux du mal. Il tenait dans sa main une chaine, auquel attaché au bout, était un elfe fou de peur. Math tira violemment sur son prisonnier pour le faire taire ses lamentations qui tombaient royalement sur les nerfs au dieu. L’elfe se retrouva face dans le sable, aux pieds de son bourreau.

« Mais quesque je fais ici, pour l’amour des licornes noires? » se demanda Rika.

Le sable qui lui raclait la peau lui causait une douleur insoutenable. Il aimerait bien plus être avec les Anciens plutôt qu’être ici!

« Il faut que je me rappelle… Je... Je dormais je crois… » marmonna Rika.

À quelques mètres de là, une des têtes de Cerbère ronchonna :

« Math, fais-le taire, nous essayons de méditer. »

« Je suis un oiseau! » gazouilla une autre.

« Tu devrais essayer, c’est meilleur que du sang, ça nous rends léger comme l’air! » invita la troisième.

« Non, idiots. » rétorqua Math en donnant un coup de pied à Rika. Il enfonça encore une fois le visage de l’elfe dans le sable.

« Qu’a-t-il dit, le dieu? » continua l’elfe dans ses pensées sombres. « Pour Cerbère, tu sera sacrifié… Pour Seth et son damné… »

Soudain, il comprit. Le damné ne pouvait qu’être Sovel’ha, qui était rentré au service de Seth. N’était-il pas mort? Il était dans le royaume des morts, s’il est rentré au service du Serpent, comme l’appelais les elfes, il était peut-être ressuscité.

Alors que ses idées devenaient de plus en plus improbables, Seth et les autres dieux du mal arrivèrent.

« Le rituel est complet. » annonça Seth à Math.

Math explosa de joie et laissa aller la chaine.

Rika vu sa chance. Il se leva et essaya de courir.

Chapitre 19

Cerbère

Seth vit l’elfe se lever et faire quelques pas. Il lança un jet paralysant de sa main, qui heurta Rika. Une aura mauve foncée enveloppant son corps, le prisonnier tomba raide. Math, ayant perdu son sourire, ramassa lentement la chaine. Seth le fusilla du regard.

« Tu aurais pus perde ton prisonnier, Math. »

« Il n’irait pas loin dans ce désert éternel, o Misère Parfaite. »

« Nous en avons besoin pour Cccccerbère, crétin. »

En entendant son nom, les trois têtes du gardian se levèrent.

« Ccccccerbère, nous avons un cadeau pour toi. » annonça Seth.

« Berk! » s’exclama tête Numéro1 de Cerbère. « Je ne mange pas d’êtres paralysés! »

« Hmm? Non merci! » acquiesça Numéro2.

« Nous avons un commun accord, Seth. Nous n’en voulons pas, merci. » conclu Numéro3.

« JE T’ORDONNE, CCCCCCERBÈRE, DE MANGER CCCCCCET ELFE!!! SSSSSSI TU NE VEUX PAS FINIR COMME TES ANCCCCCÊTRE, DU SSSSSABLE, JE TE CONSEILLE D’OPERER. »

Résigné, le Gardian mis la patte sur Rika et le tira lentement vers lui. L’elfe se mit à hurler. Cerbère se mit à le déchiqueter. Le sang éclaboussant partout, les trois têtes reprirent plaisir à la besogne. Quand ils arrivèrent au cœur, les têtes se chicanèrent pour l’avoir, et finalement tête Numéro1 s’en régala. Revenu à la normale, les trois têtes dirent en cœur :

« Merci, Seth, de nous avoir libérés du joug du bien. Nous reprenons avec joie notre travail. »

« Bien. Nous retournons au panthéon. » dit Seth en se retournant vers les dieux. « Nocturna, tu es en charge du livre de Thoth. Ssssssssi tu es attrapée avec, je ne te pourrais te défendre. »

« Pourquoi ne pas le laisser à Cerbère? Il pourra s’en occuper. » proposa la demi-déesse.

« Je pourrais l’enterrer sous moi. » accepta tête Numéro3.

« Tant qu’il est en sssssssécurité. » dit Seth.

Nocturna déposa donc le livre délicatement dans la gueule du Gardian. Creusant avec ses grosses pattes, Cerbère eu un trou très creux très rapidement. Il lança le livre, puis referma le trou. Il se coucha ensuite dessus.

« Aucun dieu du bien ne pourra me le prendre. » grogna Cerbère.

Mais les dieux étaient déjà retournés au Panthéon.

***

Seth regardait en jubilant Karsann discuter avec Zu’kak dans la Mare Révélatrice. Étant le seul squelette ayant le don de la parole, il venait d’être nommé général par le damné. Seth ne leva pas la tête quand Dabla vint le rejoindre.

« Que planifies-tu faire en prochain, Seth? »

« Zu’kak va installer son armée dans les maissssons abandonnés… Mais ils vont bientôt recevoir de la visssssite… Regarde. »

Le Serpent fit un geste de la main et la mare changea graduellement d’image. Des humanoïdes au torse et tête d’humains et aux pattes d’étalons se préparaient pour une bataille évidente.

« Des centaures. » dit simplement Dabla. « Zu’kak ne devrait pas avoir de problèmes avec eux. »

« Non. Mais pleins d’âmes vont vous rejoindre, toi, Ccccccerbère et Hadès… Plein d’âmes fraîches. » répondit Seth, excité. « Plein de sssssssacrifices pour nous! »

Chapitre 20

Les centaures

Ombre grogna quelques ordres à son général, Queue-Claire. Ombre inspirait le respect aux autres centaures, même aux autres chefs de clans! Ses pattes noires de pur-sang lui attiraient beaucoup de femelles. Il était le plus rapide à la course, le plus courageux, le plus performant au combat…Bref, il se pensait le centaure parfait.

Queue-Claire avait les pattes d’étalon doré, et sa queue, à sa naissance, était presque transparente, d’où lui venait le nom. Fidèle ami d’Ombre et général de ses troupes, il était beaucoup plus sage que ce dernier. Pensant aux conséquences avant de foncer, il devait souvent raisonner son chef. Mais cette fois, pourtant, il n’y parvient pas.

L’éclaireur de Queue-Claire avait reporté l’attaque de Zu’kak sur les fées. Étant des alliés aux fées, les clans de centaures c’étaient rassemblé pour reprendre la ville et voir s’il y avait des survivants. Ombre avait vite été élu dirigeant des opérations, il désirait attaquer au plus vite l’humain et son dra-chose que l’éclaireur a reporté.

Mais il ignorait que le damné était un protégé de Seth, et il ignorait aussi la levée de la nouvelle armée de Zu’kak.

Queue-Claire apporta l’armure de son chef, comme il l’avait demandé. Ombre l’attacha à son torse. Quelques femelles la fit briller pendant que Queue-Claire dit :

« Ombre, pourquoi veux-tu tellement la mort de l’humain? Si il a put tuer les elfes si facilement, pouvons être tués rapidem… »

« Assez! »» coupa Ombre de sa voie grave. « Ma décision est faite, Queue-Claire. Nous allons attaquer bientôt, dit aux troupes de se tenir prêtes à partir à mon commandement. »

Queue-Claire hésita, puis fit passer le mot.

Profitant qu’Ombre était seul, Aube, la femelle principale du chef, vint le rejoindre dans la tente. Les jambes brunes et fragiles d’Aube cachaient une force inouïe, comme l’avait découvert Ombre, et ses bras aussi.

Entendant quelqu’un entrer, Ombre se retourna. Il sourit en voyant Aube. La femelle vint se réfugier dans ses bras. Elle n’aimait pas l’idée qu’Ombre parte encore en guerre, mais elle savait qu’elle ne pourrait pas le faire changer d’idée, elle connaissait son mâle…

« J’ai l’impression que c’est la dernière fois que je te voit. » se plaignit Aube.

Ombre l’embrassa doucement. Après, il répliqua :

« Tu dis toujours cela, Aube. »

« Laisse-moi venir! »

« Non. La guerre n’est pas pour les femelles. »

« Mais… »

« Aube. »

« Très bien… » ronchonna Aube.

Ils s’embrassèrent encore, et Ombre se rua dehors.

« TOUTES LES TROUPES, DIRECTION OKTANN! EXCÉCUTION! »

Des centaines de centaures, en troupes de vingt, se dirigèrent vers la cité des fées.

« Je ne peux le perde. » pensa Aube en pesant le pour et le contre. « J’y vais! »

Elle enfila une armure, attrapa une lance et une épée qu’elle accrocha à sa ceinture, et suivit les troupes à une distance respectable.